Quand les transporteurs en commun censurent les affiches promotionnelles des films et spectacles

Alors que les affiches du film « Les infidèles » vont être retirées à titre préventif sans attendre la décision de l’Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité, la RATP a refusé, il y a quelques jours, l’affiche du prochain spectacle de l’humoriste Stéphane Guillon. Selon la régie de transport parisienne, cette affiche, qui titre « En mai 2012, Stéphane Guillon s’en va aussi », comporte une accroche trop politique, surtout en période électorale.

La régie des transports marseillais (RTM) a, quant à elle, refusé, « au vu de la violence régnant à Marseille », l’affiche réservée aux flancs de bus du film « Underworld: nouvelle ère » représentant l’héroïne pointant des armes en direction du public. L’affiche reste néanmoins diffusée partout ailleurs en France.

Et c’est loin d’être la première fois qu’une régie de transports prend une décision confinant à la censure.
Ainsi, en mars 2010, la RATP avait refusé la diffusion de l’affiche promotionnelle du spectacle du chanteur SAEZ représentant une femme nue dans un caddie, aux motifs que cette affiche était choquante.

En avril 2009, elle avait déjà censuré l’affiche du film « Anges et démons » qui comportait l’accroche « Que nous cache le Vatican ? ».

La RATP refuse également régulièrement de diffuser des affiches de film ou spectacle, notamment au visa de la loi Evin, qui interdit depuis 1991 « toute publicité directe ou indirecte pour l’alcool et le tabac ».

Cela avait été le cas pour le film « Coco Avant Chanel » ou encore de l’excellent «Gainsbourg, Vie héroïque » de Joann Sfar.

L’affiche d’une exposition consacrée à Jacques Tati n’avait pas subi le même sort, mais la pipe du réalisateur avait été transformée en moulin à vent !

Un amendement visant à concilier la préservation de l’intégrité des œuvres culturelles et artistiques avec les objectifs de la lutte contre le tabagisme avait été déposé en janvier l’année dernière afin de mettre un terme à cette situation allant jusqu’à porter atteinte au droit moral des auteurs de ces œuvres de l’esprit que sont ces affiches. Il a été retiré par son auteur. L’exception culturelle française n’existe donc toujours pas en la matière.

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