Les arts traditionnels japonais et le droit d’auteur : l’origami

L’origami est le nom japonais de l’art du pliage du papier. S’agissant d’un art millénaire, les modèles traditionnels comme la grue appartiennent incontestablement au domaine public. Il n’en existe pas moins des créations contemporaines pouvant être considérées comme originales, sous réserve notamment des emprunts faits à des créations antérieures.

Si les modèles d’origami commencent souvent par une même succession de plis, un schéma, appelé diagramme, détaille la succession de plis à exécuter pour parvenir à un modèle final.Il existe également une autre méthode pour la description du pliage d’un modèle : le canevas de pli ou crease pattern. Dans ce cas, l’ensemble des plis servant à constituer la base départ du modèle est représenté sur le carré de départ. Cela implique que le plieur fasse preuve d’imagination et de créativité pour finaliser le modèle.

Ainsi, certains considèrent que l’activité de création se partage entre le concepteur, le plieur et le diagrammeur.

En effet, comme il a été dit, il est tout à fait envisageable que le concepteur crée un origami original au sens du droit d’auteur. Toutefois, le créateur d’un pliage original ne peut pas revendiquer de droits sur la méthode permettant de créer l’œuvre (sauf à ce qu’elle soit elle-même présentée de façon originale). Et le plieur qui suit les instructions de pliage reproduit alors une œuvre, sans pour autant faire lui-même preuve d’originalité.

Dès lors, l’essence même de l’origami étant d’être reproductible, il est permis de penser que le droit d’auteur ne s’attache qu’à l’origami lui-même.

Cependant, aux Etats Unis, où la protection des origamis a donné lieu à une analyse approfondie, un litige sur la protection des crease pattern et leur adaptation en tant qu’œuvre de l’esprit est en cours.

Se pose aussi à mon sens la question de la protection d’arrangements originaux d’origamis appartenant au domaine public,

ou  de celle même  des papiers à motif servant de base au pliage.

Je trouve singulier que, par la complexité de son phénomène de création notamment, un art traditionnel ancestral  donne à s’interroger sur des notions fondamentales de droit d’auteur.

 

 

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